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GOIAN BEGO:  Eulogy for Aita Etcheverry

Haurride maiteak,                                   Jean Pierre Etcheverry ren ehortz mezan 13/03/2006

Aita Etcheverry Ez da sekula errex adixkide bati azken agur egitea, are gutiago apez adixkide bati. Jean Pierren joaiteak zinez pena handian gaitu sartzen. Egun Aguerriako  etxetiar guzieri dut lehenago pentsatzen. Nola ezti dezakegu Ama baten dolumina bere seme maitea, seme apeza itzaltzen delarik ? Panpili ez dago geiago zuen artean izanen Amari, anaieri, koinateri, loberi kuraia emateko. Bai etxeko apeza itzali da. Bainan ez da itzali etxeko fedearen argia ez eta etxetiarren otoitza.                       

Jean Pierrek ez du besterik predikatu eman dituen ehorzketa meza guzietan. Han eta hemen izan da Jesus Piztuaren mezulari. Bazuen manera, bazituen bihotzeko hitzak oroitarazteko bidea ez dela heriotzean finitzen. Bazakin  penetan eta dolutan zirenen bihotzetan  argia pizten Jainkoaren izenean.

Gaur, Jean Pierre ixilik datza bere sort Herriko eta bataioko Elizaren erdian, eta hemen gira Etcheverry familiaren inguruan numbre handian herri guzietatik jinak bai eta Ameriketatik, laiko, apez eta apezpiku. Ez gira hemen heriotzaren ospatzeko baizik eta Jean Pierren bizia omentzeko. Negu beltzaren erdian jalgi dira primaderako lehen liliak, eta zuhaitz batzu hasi zauzkigu lorez estaltzen. Ber gisan heriotzako neguaren erdian bada primadera bat joan zauzkigun guzientzat.

Bizia ! Naturaren bizia, Etxeko bizia, Herriaren bizia, Parropiaren Bizia, Elizaren bizia…Bizia da konda, aintzina doan bidea da konda. Lili txikiek ematen diote neguari sentsua. Berpiztearen Argiak dio kurutzeari ematen norabidea.

Tabor mendi kaxko gainean, hiru apostoluek ikusi zuten Jesus argiz beterik antzaldatua. Egun hortan Jesusek abiatu zuen bere Pasionaren bidea. Panpilik aski egina izan du Pasionaren bidea.  Kurutze bidea ezagutu du, ixtripu larriak,  9  azken illabeteak erietxetan, osagarria emeki emeki galdurik. Bere izaitean sofritu du, gizon gisa eta apez gisa. Bazuen esperantza berriz bere apez tokia hartuko zuela gure Elizan. Ote ditu behar zituen laguntzak atxeman ?  

Kurutze bide hortan Jesusi lotu da eta Jesus Jean Pierri. Egiazko  apez izan da hain segur  meza emaiten zuelarik Amarekin ospitaleko gelan bainan ere kurutze bidean aintzina ari zelarik !

Bai Jean Pierre, Pasioanaren bidetik Bazko Argirat ! Gaur etorri zaitzu Baigura mendia baino gorago joaiteko orena. Gaur Jesusek zaitu xutik emaiten eta antzaldatzen. Jesus adixkideak zaitu bere eskua luzatzen eta bere argiz betetzen.Baionako Elizaren zerbitzari ona izan zira 35 urtez. Ainitz jende dituzu lagundu ; zure dohain ederrak baliatuz, mila esku kolpe eskaini. Jesusek eman zitzaitzun apeztasunaren grazia. Jesusi jarraikia bizi izan zira,  harekin zira ere orain pizten. Eta momentu berian, zu zira orain Aita maitearen eta etxekoen arteko zubi eta bitartekari bilakatzen.

Txoriak hasi zaizkigu goizetan Biziari Kantari. Entzuten zaitugu zure boz ederrez loriatzen zeruko portuan atxemaiten dituzun guziak. Sinesten dugu sartzen zirela Kristo anaiarekin goiko aberrian, zorionez eta bakez beterik den etxean. Ez, Jean Pierre ez zira arras itzali ! Ez du heriotzak azken hitza ! Zure begi urdin finak gaur zerua dute miresten . Zure obra on guziak Bazko argiz dira dirdiratzen, zeruko eta lur huntako primaderan. Amen

Chers amis,

aujourd’hui, nous sommes tous dans la peine et le deuil. Nous avons perdu un ami, un compagnon de route, un prêtre, un pasteur. Jean Pierre, Panpili, Ganich, Mr le curé ou Mr l’abbé…Qu’importe l’appellation ! Le départ de Jean Pierre, chacune et chacun le ressent profondément à la mesure de l’amitié qu’il avait su susciter.

Nous sommes venus  à son village natal et à l’église de son baptême pour nous unir à la famille Etcheverry, tout spécialement à sa chère maman, ses frères, neveux et nièces. Jean Pierre a aimé passionément sa famille, cette terre, la vie de Hélette, Besta Berri,  la foire de Santa Catalina, les grands moments de la vie de Aguerria. Il partageait les joies et les réussites agricoles de Sauveur et de toute la famille ; mais aussi les peines des uns et des autres, se montrant toujours très sensible quand l’un des siens était malade ou qu’il venait à mourir, comme ce fut le cas récemment pour sa belle soeur. « A nos soucis et à nos merci », aimait il dire à chaque messe.

Il a puisé dans sa famille la fierté d’être basque et d’être ouvert au monde, le plaisir de jouer à la pelote, de chanter, de vivre les valeurs si belles de convivialité et de cordialité. A cela il faut ajouter une valeur essentielle, la foi, la piété, l’amitié avec Jésus Christ, l’amour d’une Eglise simple, chaleureuse, fraternelle, à visage humain.

L’ayant bien connu au Petit Séminaire d’Ustaritz, au Collège St François Xavier, je peux dire que Panpili était un des meilleurs élèves, doué en tout, doté d’une intelligence vive, d’une  grande capacité pour apprendre. Il était brillant en classe, brillant à la pelote, brillant à la chorale.

Comme le garçon de la multiplication des pains, il a mis ses talents au service de l’Eglise et du Royaume de Dieu. A une époque controversée, en plein tournant de Mai 1968, au lendemain de ce magnifique printemps que fut le concile Vatican 2, il reste fidèle à sa vocation sacerdotale et est ordonné prêtre à 25 ans, le 28 Juin  1970.    

En ce jeune,  la sève sacerdotale va grandir et fleurir au fur et à mesure des responsabilités confiées par son évêque et au fur et à mesure de son engagement au cœur des réalités humaines. Le jeune pelotari qui avait les qualités requises pour devenir un vrai champion  se révèlera sur les canchas de l’église, sur les lieux de mission en particulier avec les jeunes de Cantau et de la Villa Pia. Son souci : éclairer les consciences, faire connaître des témoins, partager la foi en Jésus Christ tout en respectant la culture et la vie contemporaine des jeunes. La force de Jean Pierre était sa carte de relations ; connu de beaucoup, il connaissait beaucoup de témoins de notre temps.

A Paris durant son temps d’aumônier des basques, il devient un intime de journalistes au stage réalisé à Antenne 2, dont Noel Copin, qui deviendra  directeur de La Croix. Jean Pierre était aussi à l’aise avec Mgr Marty qu’avec Georges Marchais. Fort de cette expérience et de sa formation théologique à l’Institut Catholique de Toulouse,  il organise des conférences-débats au Centre de Culture Religieuse de Bayonne qu’il anime de 1981 à 1986.

Sur les routes de Californie, Idaho, du Texas et des divers Etats d’Amérique, il ne compte ni les kms, ni l’énergie pour rejoindre les familles de basques émigrés, vivre des temps forts de prière et des temps de rassemblements festifs comme les célèbres Pic Nic. Il restera toujours fidèle à ces familles basques d’Amérique.

De retour au diocèse, il accepte la responsabilité d’aumônier diocésain du Mouvement Chrétien des Retraités. Nommé curé à Bardos et Labastide Clairance  d’abord, puis à Ciboure-Zokoa, excellent animateur, il mettra un soin particulier à concocter de magnifiques kermesses souvent d’ailleurs avec l’aide très appréciée de son frère Michel et de son orchestre. Quelle messe exceptionnelle, celle  animée par les  acteurs de la Fête Dieu de Hélette, danseurs et musiciens qui à la demande de Jean Pierre étaient venus à Ciboure pour la fête de la Bixintxo !

C’est donc à Ciboure-Zokoa que j’ai retrouvé l’ami de la jeunesse. Il a été un pasteur au bon cœur, un prêtre proche du peuple, l’ami de tous, s’étant adapté à la mentalité des cibouriens et des zokotars et à celle des pêcheurs, célébrant l’eucharistie et diffusant l’Evangile, avec toujours une bonne dose d’humanité, de spiritualité, d’humour, de souci de l’éveil des laics.

 Avant de quitter Ciboure, il m’a demandé « Crois tu que j’ai fait du bon travail à Ciboure ? » Je lui ai répondu : « tu as aimé et tu es aimé ! L’essentiel c’est ce qu’on a semé dans le cœur des personnes. Pars en paix ! Ce que tu as semé fleurira ! » Un pasteur, en effet,  c’est celui qui rassemble pour la liturgie mais aussi celui qui veille sur chacun et en particulier sur les malades et les plus pauvres économiquement. Plusieurs témoignages émanant de Laguntza, de Denen Etxea et d’organismes caritatifs rappellent l’aide précieuse et discrète qu’il a su prodiguer aux uns et aux autres.

C’est à Ciboure que commence aussi pour lui malheureusement son chemin de croix ! Deux accidents graves sur la chaussée qui le laissent sérieusement handicapé, puis la maladie qui l’a miné peu à peu. Malgré cela il est resté fidèle au poste assurant le labeur quotidien de tout curé de paroisse jusqu’à son départ à Toulouse. Depuis 9 mois il s’est battu puisant dans la prière et l’eucharistie la force spirituelle, recevant le soutien sans faille de sa chère maman, de ses frères et de quelques amis.

C’est à la lumière de Pâques que je vous invite à regarder désormais le visage de notre cher Panpili, appelé lui aussi à être transfiguré. La lumière du Mt Thabor illumine la passion et la mort de Jésus. La transfiguration  annonce que tout chemin de croix aboutit à la lumière de Pâques. Comme dit Paul : « Jésus Christ est ressuscité, il est à la droite du Père et il intercède pour nous. »

Après le chemin de croix, c’est donc l’heure de la lumière pour Panpili. Lui qui a accompagné des milliers de gens lors des obsèques, des baptêmes, des mariages durant ses 35 années de service de l’église, c’est à son tour d’entendre ces belles paroles de notre Père à tous : « Jean Pierre, tu es mon fils bien aimé. En toi j’ai mis tout mon amour ! ».

Il nous quitte pour rejoindre son cher Aita, pour aller chanter avec lui et avec celles et ceux qui l’accueillent. Merci du fond du coeur Jean Pierre pour ton humanité. Merci aussi pour ton coeur de bon pasteur et ton âme sacerdotale, pour l’aide que tu as portée aux laics des paroisses que tu as animées, pour le soutien donné aussi à la Mission de la Mer.  Sois enfin dans la  paix et dans la Joie totale.

Pardon pour le soutien que tu n’as peut être pas reçu, autant que tu l’aurais souhaité, au moment où tu en avais le plus besoin. Aimons les prêtres, aimons-les chacun avec ce qu’il est et ce qu’il apporte ; aimons-les surtout dans les moments difficiles de leur vie. Oui, aimons nous, respectons nous  les uns les autres, c’est la clé de tout :« C’est à l’amour que vous avez les uns pour les autres que tous reconnaîtrons que vous êtes mes  disciples », nous dit Jésus Christ qui intercède pour nous tous et qui nous invite à l’espérance active dans l’Eglise et dans le monde. Amen              

Mikel Epalza

 

 

 

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